Réforme des aides : le risque d’une presse à deux vitesses

En janvier 2026, Jacqueline Galant (MR), la ministre des Médias en Fédération Wallonie-Bruxelles, a proposé d’ouvrir un « grand débat » au Parlement de la FWB. Son objectif est clair : réévaluer les aides à la presse écrite. 

Si aujourd’hui on en est encore au stade d’une initiative ministérielle et des consultations préalables, notamment avec les chefs de groupe des différents partis, il s’agit bien pour la ministre de tenter de voir si le mécanisme de soutien à la presse écrite, régi par un décret de 2004, est toujours en adéquation avec les usages et les réalités actuelles. Ou bien s’il est dépassé face à l’avènement du numérique. Signe de cette volonté, on parle notamment d’une reconnaissance des fameux « Pure players », ces médias qui n’existent que sur le Net, sans version papier. 

Dans ce contexte, un des autres objectifs assumés de la réforme, à savoir « garantir un pluralisme fort » des médias de ce secteur, est vraiment le bienvenu alors que la fusion entre Rossel et IPM a concentré entre 80 et 90% des titres de presse quotidienne dans les mains d’un seul groupe…

Mais cette volonté de réforme n’arrive pas sur un terrain « neutre », notamment pour la presse indépendante. La fameuse affaire de la concession postale, notamment, est passée par là. Pendant des décennies, l’État belge a soutenu la presse via un mécanisme indirect : une concession publique confiée à bpost. Celle-ci distribuait journaux et magazines à tarif réduit, grâce à une compensation financière de l’État. Concrètement, les éditeurs payaient moins cher la distribution et l’État compensait la différence à bpost. En 2023-2024, le gouvernement fédéral a décidé de remettre ce système en cause. Les conséquences pour les éditeurs et les titres de presse ont été importantes : hausse des coûts de distribution, nécessité de réorganiser ou de cofinancer la distribution… Des problèmes qui se sont révélés encore plus importants pour les titres de presse indépendante, disposant de moins de marge de manœuvre financière que les grands groupes.

Dans ce contexte, la réforme à venir des aides à la presse doit absolument tenir compte de la réalité de ces titres « indés », indispensables à la pluralité de la presse écrite en Belgique francophone. Notre collectif Kiosque – créé il y a tout juste 4 ans, le 3 mai 2022 à l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse – y veillera. Car les réalités qui nous ont poussé·es à nous unir sont toujours d’actualité : domination et concurrence déloyale des Gafam, transformation des habitudes d’achat et de lecture, diffusion de fake news et impact négatif de ces infox sur la société, défiance grandissante à l’égard des médias, détérioration inquiétante des conditions de travail des journalistes, etc. Face à cela, nous continuerons à défendre le média papier, dont nous sommes convaincu·es qu’il offre un rapport privilégié au temps et à l’information. Veiller à avoir, en Belgique francophone, une politique cohérente, qui permette de maintenir une diversité de presse – que ce soit dans les titres et dans les supports  – constitue un impératif.  

Julien Winkel et Clara Van Reeth
Journalistes pour Alter Échos

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Pêche durable : avec Mer de Liens, vous pouvez devenir copropriétaire d’un bateau 

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Mais pourquoi donc parle-t-on mieux anglais que néerlandais ?

« On » étant ici « les francophones belges ». Dans sa dernière chronique, parue dans le numéro 34 de Wilfried, le philosophe polyglotte Philippe Van Parijs livre plusieurs explications. Souvent reliées par la proximité, de mots et de syntaxe, entre le français et l’anglais. 

Par exemple dans la façon de prononcer les nombres à partir de 21 : pour nous, «  »twentyone » est bien plus intuitif que le néerlandais  »eenentwintig » ou l’allemand einundzwanzig ». » Mais pourquoi les néerlandophones parlent mieux anglais que nous, alors ? Réponse dans la chronique !

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