Les médias du collectif Kiosque sont avant tout des magazines papier. Ressentez-vous parfois l’excitation de recevoir de la lecture dans votre boîte aux lettres ? Je ne pense pas nécessairement aux catalogues de supermarché ou aux publicités pour les médiums ambitionnant pour votre avenir amour, gloire et désenvoûtement. Je parle d’un magazine avec des articles dedans, qui est adressé à vous, être humain sensible doté d’un cerveau et pas que d’un portefeuille.
On ouvre la boîte aux lettres, un coin d’enveloppe reconnaissable dépasse des rappels de factures. Une fois le papier collant déchiré, enveloppe ou étiquette, c’est la surprise : la couverture, quelques pages rapidement tournées, par curiosité, on commence parfois par la fin, après tout on fait comme on veut. C’est aussi le rendez-vous comblé avec l’ami fidèle : on reconnaît la texture du papier, son poids, son odeur, la manière de donner à voir les récits qui relient le numéro, l’âme des voix qui s’en échappent à l’ouverture, nous conviant à nous pencher vers elles. Ce sera pour plus tard, quand on aura le temps, quand on pourra le prendre.
En attendant ce temps, rare mais essentiel, nous vous offrons une série d’articles à lire sur le Web. Ils ne feront peut-être qu’un bruit ténu dans les hurlements des sirènes mondiales. Mais avec les tympans percés, c’est sûr qu’on n’entend plus très bien.
Nous vous invitons donc à lire : sur la nécessité d’insuffler de la démocratie dans l’évaluation des risques liés aux pesticides (dans Tchak). Sur ce que contiennent les mystérieux sacs roses destinés aux déchets alimentaires des restaurants de la capitale (dans Wilfried). Sur le paysage du sans-abrisme dans les yeux d’un acteur majeur de ce secteur, le Samusocial (dans Alter Échos). Sur les femmes vulnérables sous pression d’accepter des relations sexuelles avec des hommes qui leur font miroiter un logement (dans axelle). Sur une mine de lithium serbe qui indigne les communautés locales et les scientifiques mais désormais stratégique pour l’UE (dans Imagine). Sur des livres jeunesse dans lesquels germent esprit critique et mondes partagés (dans Le Ligueur). Sur le travail du photographe belge Tom Lyon qui documente l’impact des politiques migratoires sur les personnes en exil, en privilégiant la capture de détails symboliques (dans Médor).
Ce que vous n’y trouverez pas : les hommes de pouvoir qui vomissent leur puissance et qui en sont tout fiers (un exemple au hasard : USA, Russie, Chine). Tant de médias leur consacrent déjà assez de place. Le monde est bien plus divers que ce trio de costards. Si nous ne faisions que cela, réduire l’information aux hommes exerçant leur pouvoir de tuer à grande échelle, alors ils auraient gagné : ils occuperaient tout l’espace, toutes nos pensées, nos vies tiendraient dans leurs mains et nous leur appartiendrions. C’est parce que nous, ce « nous » collectif, et tant d’autres médias et de citoyen·nes, ne renonçons pas à raconter ce que nous voyons avec nos propres mots que l’espoir est possible. Je vous invite donc à ne pas renoncer à lire, ici, ailleurs… ou devant votre boîte aux lettres !
Sabine Panet (axelle)
Tchak

Pesticides : pas de débat sans les citoyen·nes
L’évaluation des risques – environnementaux et sanitaires – de l’usage des substances chimiques en agriculture doit intégrer la participation citoyenne et la délibération démocratique, plaide Bruno Schiffers dans cette carte blanche. Professeur et responsable de Laboratoire de Phytopharmacie de Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège) jusque fin 2018, il est aujourd’hui professeur invité à l’UNamur en santé environnementale.
Wilfried

L’affaire des sacs roses
Dans le cœur historique de la capitale, des sacs roses s’entassent à la nuit tombée. Que cachent-ils ? L’une de nos journalistes, armée de gants en latex et d’une patience à tous crins, a entrepris de les fouiller. Ce qu’elle révèle risque de vous filer la nausée.
Alter Échos

Sarah de Liamchine : « Cette instabilité est devenue la norme »
À la tête du Samusocial, Sarah de Liamchine plaide pour une approche globale du sans-abrisme, afin que l’urgence ne fasse pas oublier la reconquête des droits. Dans un contexte budgétaire incertain et d’instabilité politique à Bruxelles, elle appelle surtout à préserver un filet social fort.
axelle

Un toit contre des « faveurs sexuelles »
Elles sont étudiantes, mères (ou pères) célibataires, personnes LGBTQIA+, sans chez-soi et/ou sans abri, voire sans papiers. Pour pouvoir poursuivre leurs études, offrir un toit à leurs enfants, éviter la rue et ses violences ou un renvoi dans leur pays d’origine, elles acceptent, proposent ou se retrouvent piégées dans un logement contre des « faveurs sexuelles ».
Imagine

« Rio Tinto, tu ne creuseras point »
En Serbie, un projet minier XXL suscite l’effroi et embarrasse Bruxelles. La mine de Jadar pourrait fournir 90 % du lithium européen mais révèle à la fois les dessous d’un Etat oppressif décrié et la robustesse des manifestant·es.
Le Ligueur

Le livre jeunesse contre les forces réactionnaires
L’air de rien, les livres jeunesse déconstruisent les discours de rejet et de haine de l’extrême droite. Moins les discours sont frontaux, plus ils sont politiques pour dénoncer racisme, xénophobie, rejet des différences, masculinisme, autoritarisme et totalitarisme… Voici une petite bibliothèque qui éveille l’esprit critique et prône un monde d’ouverture, avec un premier rayon de livres qui dénoncent la menace, un second qui en appelle à un monde plus ouvert et solidaire.
Médor

Photo : l’exil et nos frontières intérieures
Avec son projet photo intitulé « arena », le photographe Tom Lyon privilégie la capture des petits détails pointus aux clichés qui victimisent, pour aborder la migration. L’univers documenté est celui d’une répression incarnée par la présence de Frontex à la gare du Midi et à l’aéroport de Zaventem.
